lundi 28 mars 2005

Le schimili michimili

Alors, le schmilblick tient dans la main mais aussi sur la tête !

objets étranges

 

keskecé ?

J'attends les réponses les plus drôles, les plus loufoques. Mais aussi la bonne réponse...

dimanche 27 mars 2005

Poleon

Léone regarde la télé. Passe une pub assez ridicule montrant Napoléon et son fameux bicorne. Léone s'exclame : « Oh ! le pirate !

- Ce n'est pas un pirate, corrige-je immédiatement.

- C'est qui alors ? »

Ça, c'est le truc con. Immédiatement, je me mets en mode « réflexion ultra-rapide », que tous les parents connaissent forcément : comment est-ce que je lui réponds ? Je me lance dans une grande explication sur Napoléon, empereur des Français, à la fois grand homme et dictateur sanguinaire, qui a rétabli l'esclavage en France et envoyé Toussaint Louverture au fort de Joux (il y a des trucs qu'il faut bien rappeler quand même...) ? Ou je lui réponds sobrement : « Un monsieur. » Finalement, j'opte pour la solution médiane : « C'est Napoléon. »

– Oh, pour mon anniversaire, je veux me déguiser en Poléon !

Elle ira loin cette petite.

samedi 26 mars 2005

Nous n'irons pas à Montluçon

« Robotique », ces deux derniers mois, c’est un mot que nous avons beaucoup entendu à la maison. En effet, le projet de classe du CM1 de Lou est un projet robotique. Leur instituteur considère que les mathématiques et la géométrie sont plus faciles à apprendre quand elles sont appliquées leur fait donc construire un robot, programmer les déplacements, calculer les trajectoires. Il fait régulièrement des petits matchs entre ses élèves, et les vainqueurs engrangent des points. Ceux qui totalisent le plus de points deviennent les conducteurs, mécaniciens, etc. de la machine.

Lou s’est découvert une passion pour la robotique à tel point qu’elle envisage sérieusement de devenir ingénieur en robotique. Toutefois, elle n’a pas gagné assez de match pour faire partie de la dream team devant participer aux trophées de la robotique.
Trophées ? Oui. Tous les ans, la classe participent à ces trophées. Cette année, elle était la seule de primaire. Les autres sont collégiens, lycéens, voire élèves dans une école d’ingénieurs. L’équipe de notre école est le Petit Poucet de la compétition, regardée de haut par les concurrents.

Chaque année, il y a des phases de qualifications par région et une grande finale nationale pour les seize meilleurs. Autant vous dire que l’école ne participe qu’à la compétition régionale où ils figurent honorablement, mais jamais assez pour participer à la finale, croqués tout crus qu’ils sont par les plus grands.

Cette année, la compétition d’île de France avait lieu à l’école polytechnique. La règle du jeu était à la fois simple dans son énoncé et ardue dans sa réalisation. Il fallait en calculer des paramètres pour que le robot de la classe, tout en mécano, puis effectuer ses matchs. La plupart des enfants de la classe y ont été avec leurs parents pour soutenir l’équipe engagée. Moi, je ne pouvais y aller à cause des deux plus jeunes. Mais Lou a pu s’y rendre avec la directrice de l’école. Elle en est revenue enchantée, la voix cassée tellement elle avait crié pour soutenir son équipe. L’école, malgré les soucis, s’était classée 18e sur un peu plus de soixante participants. « Ils nous ont pris de haut, racontait-elle hilare. Mais on leur a mis la pâté. » Quand j’ai rencontré son maître le mardi suivant, il était tout heureux et tout fier de ses petits : « Ils ont bien travaillé et ils se sont arrêtés juste à temps. » Devant ma mine étonnée, il me répond : Ils gagnaient deux places de plus et j’étais obligé d’aller passer le week-end à Montluçon pour la finale nationale. » Deux jours plus tard, je trouve le cahier de Lou sur mon bureau avec des mots à signer. La robotique, encore ? Mais je croyais que c’était fin ! Mais non, m’explique ma fille au comble de l’excitation, deux équipes ont déclaré forfait. Du coup, on est qualifiés. » L’école proposait d’emmener la classe là-bas, c’est-à-dire l’équipe et les supporters, et demandait des parents en renfort. Les frais de repas et d’hébergement (environ 50 euros) étaient, bien entendu, à notre charge. J’ai fait un calcul. Lou ne me quittait pas des yeux, le regard implorant : « Dis oui, maman, dis oui. »

J’ai dit oui. J’ai même dit mieux. J’ai dit « Je t’accompagne. » Oh, vous auriez vu la danse de saint-guy qu’elle a entreprise à ce moment-là, vous en auriez ri, tout comme moi...

Mais comme Fritz devait sortir le samedi soir, il fallait me débrouiller pour trouver un hébergement pour Garance et Léone. Pour la première, cela s’est réglé assez rapidement. Pour la seconde, j’ai trouvé le mardi matin. Il y avait une douce euphorie. Tout le monde était fier des enfants. Vous vous rendez compte, qualifiés pour la finale nationale, pour la première fois, alors qu’ils sont la seule école primaire à participer. Ils sont quand même battu plein de boutonneux à la barbe naissante (et quelques jeunes filles aussi, mais elles sont beaucoup plus rares).

Le mardi soir, les parents avaient une réunion pour préparer le voyage. J’ai quitté le journal plus tôt pour pouvoir être à l’heure. Quand je suis rentrée dans la salle de classe, un des enfants était en train de prendre la parole et tout le monde faisait la gueule. Mauvais karma. J’ai assez vite compris pourquoi. Il n’y avait pas de bus, donc pas de moyen de transport pour aller à Montluçon... Certains parents se proposaient bien d’y emmener leur progéniture (des membres de l’équipe), avec éventuellement un de leurs copains, mais cela ne faisait pas une classe. Et puis l’équipe ne pouvait pas être complète. La mère du dépanneur avait mis son veto, faire 700 kilomètres pour participer deux minutes si le robot venait à tomber en panne, aucun intérêt. Il s’est fait assez vite deux clans : celui des parents qui voulaient absolument y aller vu que leurs gamins faisaient partie de la dream team, même si les autres devaient rester sur le carreau (ben, ils n'avaient qu’à se qualifier), ceux qui considéraient que 1. cela faisait beaucoup d’argent à dépenser et 2. le collectif ne pouvant pas suivre, ce qui avait fait le charme de l’aventure disparaissait.

Je faisais plutôt parti du deuxième groupe, mais comme je n’avais pas de voiture, que Lou ne faisait pas partie des compétiteurs, il était évident que, quelle que soit la décision finale (on envoie une équipe réduite ou personne n’y va), ma fille n’irait pas, je trouvais que cela faussait le débat, j’ai essayé de ne pas trop intervenir (pas trop, hein, parce qu’avec ma grande gueule...). Je ne sait pas si je n’aurais pas fait partie du deuxième groupe si les conditions avaient été différentes... Une des mamans, dont le fils était qualifié, ne voyait plus l’intérêt de la chose. La compétition pour la compétition, ça ne l’intéressait pas, surtout dans le cadre du projet de classe, surtout par rapport au collectif et aux enfants qui resteraient à Paris et qui non seulement seraient déçus mais en plus jaloux.

La directrice de l’école partageait complètement le même avis, tout comme le maître, mais il était près à suivre, s’il le fallait.

Au bout de deux heures de discussion, tout le monde s’est rendu compte que ce n’était pas vraiment faisable. Le team de toute façon ne pouvait pas être complet et il n’y avait pas assez de véhicules.

Je suis rentrée à la maison. J’avais eu le temps de mettre un mouchoir sur ma propre déception pour annoncer la mauvaise nouvelle à Lou et lui permettre d’exprimer la sienne pour la consoler.

Nous n’irons pas à Montluçon... Mais la vie est quand même belle, et c’est tant mieux.

vendredi 25 mars 2005

Bouclage

J'ai trop mangé... Voilà une chose qui m'arrive souvent au bureau. Comme je m'ennuie entre deux pages, je mange, j'engloutis, je dévore, j'actionne mes mandibules, je me remplie, je me renfloue, je me rassasie...

Oui, je suis au journal, et c'est l'heure du dîner. Il est 21 h 30 et je suis au journal. La nuit est tombée, et je suis au journal. Ce soir, c'est fête, ce soir, c'est bouclage exceptionnel. Ce soir, nous préparons la mort d'un grand de ce monde... Branle-bas de combat, tous à vos postes, et au boulot et que ça saute... Etant la dernière roue du carrosse, mais pas la moins importante, nous attendons la mort, nous attendons le boulot. En mangeant.

Au menu, du Linas. Une marque de sandwich que j'aimais bien fut un temps, mais que je trouve surfaits, maintenant. Ce qui ne m'a pas empêchée d'en engloutir une quantité incroyable. Comme les petits-fours : ce n'est pas terrible, mais on les enfourne comme si notre vie en dépendait... O tempora o mores... Je me sens un peu ballonnée.

Il n'y a que le dessert qui est vraiment bon, une petite crème brûlée de derrière les fagots. Je m'en reprendrais bien une... Boulimique, moi ? Non, plus maintenant, sauf un peu au boulot, le soir, quand j'attends les pages et les textes pour exercer ma sagacité, mon esprit critique et mon agilité mentale... Il faut gagner dix lignes ? Allez hop, je réécris cette question qui dépasse les deux lignes réglementaires. Parce que franchement, un journaliste qui met trois heures à poser sa question, déjà, à la télé, c'est pénible, mais dans la presse écrite, c'est insupportable. Non, vraiment pas, pas question, je sabre, je réécris.

Et puis cette réponse-là-là, une vraie logorrhée, on peut sûrement dire la même chose beaucoup plus élégamment et avec moins de mots. Allez hop, je taille, je remets en forme. Ah ! Monsieur (ou Madame) s'exprime nettement mieux ainsi.

Je ne sais pas si vous l'avez remarqué, mais mes confrères, en tout cas les plus jeunes d'entre eux, ont une fâcheuse tendance à retranscrire leurs interviews telles quelles, oubliant qu'on ne parle pas comme on écrit. Ce qui fait passer leurs interlocuteurs pour de fieffés imbéciles n'ayant pas plus de trois cents mots de vocabulaire. Sous leur patte, Daniel Auteuil parle comme un marlou de banlieue, Hervé Bourges « s'expressionne » à peu près aussi bien qu'un caillera, etc. C'est simple, qu'on lise les réponses de Johnny, de François Hollande, de Joey Star ou d'Isabelle Adjani, on a l'impression de lire la même personne. Dramatique.

« Comment ? Tu ne supportes pas la moindre critique sur les journalistes, mais tu ne te gênes pas pour les descendre en flèche », vous entend-je d'ici maugréer. Mais la grande différence, c'est que moi, j'aime les journalistes. Et qui aime bien châtie bien... Vous considérerez sans doute que cette réponse est plutôt capillotractée. Alors, j'ajouterai ceci : un bon article, c'est un travail d'équipe. Un bon journaliste n'est pas forcément un bon rédacteur, mais quelqu'un qui sait collecter des infos, les mettre en forme et les transmettre. Qu'un confrère m'apporte les infos, et je me fais fort de rendre son texte journalistiquement bien écrit. Et il faut rester modeste, nous ne sommes pas écrivains, nous produisons de petits textes destinés à rendre compréhensible une information aux lecteurs. Autant qu'elle soit agréable à lire. Mais nous ne participons pas d'une œuvre littéraire. Ou alors elle serait de bien piètre qualité.

J'en ai vu quelques-uns, heureusement pas beaucoup, de ses plumitifs rentrés qui ne savaient pas alignés trois mots sans faire une faute de grammaire ou de construction, mais qui faisaient un caca nerveux dès qu'on leur déplaçait une virgule. « Si c'est comme cela, je retire ma signature », tempêtait cette écrivaine au petit pied. Ce qui nous faisait bien rire. Heureusement, pour le travail (et tant pis pour le rire), ces gens-là sont assez peu nombreux.

Dans le genre catastrophe, dans un magazine de golf où j'ai sévi quelques mois, j'ai rencontré le pire de ce qui peut se faire : un inventeur. Surtout quand le fripon est malin. Difficile de faire le tri. Je me souviens qu'après un dossier, « Où peut-on faire du golf en hiver », plusieurs golfs nous avaient appelé pour râler. Nous leur avions attribué des greens d'hiver alors qu'ils étaient bel et bien fermés pendant toute la mauvaise saison. Du coup, ils avaient des soucis avec leur clientèle qui réclamait un service qu'ils ne pouvaient fournir. J'eus droit à quelques remontrances de mon chef, et n'ai pas tardé à me rendre compte que toutes les informations qui pêchaient venaient du même journaliste. Peu de temps après, il nous produisit un texte sur les origines du golf. Autant vous dire que je ne me souviens pas du contenu, cela a plus de dix ans. Mais si, sur le coup, je trouvais le texte amusant et bien troussé (et bien trouvé), je tenais mon gars à l'œil. Je me suis mise à faire des recherches. Non seulement, je me suis rendu compte que tout le papier était pure invention, mais j'ai retrouvé le passage du bouquin qui avait servi de base de départ à l'olibrius. Il n'a plus jamais retravaillé pour nous. Quand on veut faire du Mickael Kael, mieux vaut travailler dans la présipauté du Groland.

Cela dit, j'ai aussi vu des gens à l'écriture dense et serrée, calibrée au millimètre, une merveille à lire et qui n'avaient aucune, mais alors aucune fierté d'auteur. « Tu dois couper ? Vas-y ? Tu veux changer ? Pas de problème. » Qu'est-ce que c'est bon de travailler avec des gens pareils.

Et entre les deux pôles quantité de gens formidables, consciencieux, marrants, passionnés, dégoûtés, fatigués, railleurs, râleurs... Des gens quoi.

Fini de rire, voilà mon chef qui arrive avec les pages et toutes les corrections, une heure, deux heures, trois heures... Une page, deux pages, trois pages... qui sait quand nous en verrons la fin.

Il est maintenant une heure, c'est terminé pour ce soir, les pages sont parties. Demain, 10 heures, une autre journée... Je ne sais pas pourquoi me revient cette phrase de Pierre Dac : « Celui qui est parti de rien pour arriver nulle part pour arriver n'a de merci à dire à personne. »

mercredi 23 mars 2005

Une chanson, une photo 9

Deux nouvelles participations à ma proposition de jeu. La première s’appelle Famille heureuse et elle est donnée par Nounou (à qui je dois encore le prix de sa dernière participation au jeu des CD, c’est tout prêt, faut juste que je passe à la poste).
Et puis quelqu’un dont je ne connaissais pas le blog, mais dont je suis heureuse de faire la connaissance, Isadoraaaa qui a choisi Akhenaton pour parler de l'Italie.

repost du matin

Autre blog que je ne connaissais pas du tout, mais dont le post m'a beaucoup fait rire, l'excellent papa Goretta qui vous incite, comme David Bowie, à être des héros juste pour un jour. Ce n'est pas une photo, c'est un dessin, mais c'est très drôle. Merci pour cette participation.
Dès que j’ai un moment, je regroupe toutes les participations dans un même article. Mais déjà, vous pouvez en découvrir de nouvelles dans un groupe que j’ai créé sur Flickr, un de mes blog photo. Et après cela, je vais encore dire que je n’ai le temps de rien faire...

mardi 22 mars 2005

Parlons bouquins

Parce que Impasse Sud m'a passé le relais et que Lulu aussi, et qu'elles l'on fait gentiment, je réponds à ce petit questionnaire sur les lectures.

Combien de livres lisez vous par an ?
Aucune idée. En plus, c'est très variable. Quand je travaille, je n'ai le temps de lire que dans le métro, environ quarante minutes par jour. Je lis aussi dans mon bain le soir, une vingtaine de minutes. Malheureusement, je suis souvent trop fatiguée. Il faut dire que je passe mes journées à lire. Pas de livres, mais des articles. Alors, parfois, les yeux se fatiguent et demandent grâce.
En vacances, je n'ai jamais assez de bouquins. Je les avale. En plus j'ai la chance de lire très vite...
Tout ça ne fait pas un chiffre. Mais je suis incapable de quantifier. C'est tellement variable...

Quel est le dernier livre que vous avez acheté
Je n'achète quasiment pas de livres. J'en donne beaucoup. Comment je fais ? Mon secret s'appelle service de presse. Il faut trier, il y a beaucoup de merdes, disons 75 %. Il y a 20 % sont « lisables » et distrayants. Seul 5 % sont vraiment bons. Et encore, je dois être bon public.
Cependant, j'en achète pendant les vacances, pour compléter le trop petit nombre (minimum une dizaine) que j'ai emmené avec moi. Je n'en prévois jamais assez. Coup de chance toutefois, j'en ai acheté trois, il y a environ un mois.


Les deux premiers, c'est un post d'Anitta (une lecture que je vous recommande) qui m'en a donné l'envie. Le troisième, parce que j'ai décidé d'acheter tous les livres de Marjane Satrapi et ceci pour deux raisons. La première est que j'adore tout ce qu'elle fait. La seconde parce que le virus m'a été inoculé par une amie très chère aujourd'hui disparue. C'est ma manière à moi de lui être fidèle. Comme donner les livres. Un truc qui vient d'elle. Avant, je gardais tout, j'avais besoin de posséder. Elle, elle donnait les livres qu'elle avait aimés, pour transmettre. Peut-être parce qu'elle savait qu'elle n'avait plus le temps d'en profiter, qu'elle voulait que d'autres puissent s'en régaler. Toujours est-il que moi aussi, je me suis mise à donner mes livres. Il m'en reste énormément. Mais je m'en sépare plus volontiers. J'en abandonne même quelques-uns dans des endroits publics en espérant qu'ils trouvent de nouveaux lecteurs.

 

Quel est le dernier livre que vous ayez lu ?

 

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Le Maître des carrefours, de Madison Stuart Bell. Un pavé de 950 pages, et ce n'est que le tome 2. Il relate, sous forme de roman historique, les événements qui ont conduit Saint-Domingue à devenir Haïti et trace les grandes lignes de la vie de Toussaint Louverture. Passionnant ! C'est bien écrit, formidablement documenté, haletant, angoissant, romantique aussi par moments... avec, surtout - ce que j'ai trouvé émérite pour un Américain, Blanc de surcroît -, un véritable respect de la culture noire et vaudoue. L'histoire est racontée à plusieurs voix : un bossale, filleul de Toussaint, un Blanc et le narrateur. Une très grande fresque.
Je suis en train de lire M. Potter, de Jamaïca Kincaïd. Très spécial. Je crois que j'ai lu tous ses livres parus en France. Elle y retrace l'histoire de sa famille. Et plus ça va, plus elle acquiert un style qui n'appartient qu'à elle. C'est surtout le cas de celui-ci, qui est son dernier. Sincèrement, au début, j'ai failli abandonner. Mais comme c'est le Nôm qui me l'a offert, et que je mesure l'effort qu'il a dû faire pour trouver un livre qu'il pensait que j'aimerais, je me suis accrochée. La lecture est très déroutante. La même phrase y est répétée vingt fois de suite, de façon légèrement différente... C'est lancinant, cela fait presque mal à lire. Mais d'un coup, au détour d'une page, l'émotion est là et vous met une grande claque dans la gueule. Un livre qui se mérite.

 

Listez cinq livres qui comptent beaucoup pour vous ou que vous avez beaucoup apprécié.

 

Cinq livres, hum ! difficile... Je vais faire comme beaucoup, je vais tricher.
Il n'y a pas d'ordre d'importance. Pas même un d'entrée dans ma vie. Je les nomme comme ils me viennent.


Texaco, de Patrick Chamoiseau. C'était le troisième roman que je lisais de cet auteur martiniquais que m'a fait découvrir le père de Lou avec Chronique des sept misères. Celui-ci, je l'avais adoré : la vie des petites gens de Fort de France. Puis j'ai lu Solibo magnifique, une fable belle et amusante sur la mort de la culture orale antillaise. Et enfin Texaco est un roman fabuleux, grouillant, riche, émouvant. La voix d'un peuple. Personnellement, ce livre m'a permis un beau coup. Une fois lu, je n'ai eu de cesse de clamer dans la rédaction où je travaillais à l'époque que celui-là, il fallait en parler, qu'on ne pouvait pas passer à côté, que c'était important. J'étais si enthousiaste que ma rédactrice en chef a été convaincue et qu'elle mandata, pour interviewé l'auteur, deux journaliste : un chevronné et moi, qui l'était moins, mais qui connaissait le Chamoiseau sur le bout des doigts. Préparée, je l'étais et j'ai briefé mon collègue comme il ne l'avait peut-être jamais été. Mon enthousiasme l'amusait beaucoup. Nous avons fait une belle interview et nous l'avons publié quinze jours avant que Chamoiseau reçoive le prix Goncourt... Fière j'étais. Cela m'a permis d'obtenir la rubrique livre de ce journal quelques mois plus tard... J'ai eu d'autres occasions de rencontrer l'Oiseau de Cham. Notamment à l'occasion de la sortie de Chemin d'école, une interview pour Le Monde de l'Education.


Ficciones, de Jorge Luis Borges. En espagnol, oui. Je l'ai découvert lors de mon année de licence d'espagnol. Une grande rencontre, grâce à une professeur argentine d'une sévérité sans égale, mais qui a su me faire aimer ce très grand bonhomme de la littérature mondiale. J'aime Borges parce que c'est un érudit époustouflant et un homme qui prend la vie avec élégance et autodérision. Un aveugle qui continua à écrire. Qui construisait ses nouvelles dans sa tête avant de les dicter à sa mère. Un rat de bibliothèque (il était bibliothécaire de la nationale) qui construisit des nouvelles incroyables sur ses thèmes de prédilections : la mémoire (on comprend pourquoi), le labyrinthe, la bibliothèque, le rêve... Ficciones est pour moi le recueil de nouvelles le plus fort et le plus abouti.


Alice au pays du langage, de Marina Yaguello. La linguistique m'a toujours intéressée. Savoir comment vit, évolue, meurt une langue, c'est quelque chose de passionnant. Marina Yaguello apporte à cet univers une note de féminisme qui permet également de rappeler des vérités premières. Et qui m'a toujours conforté dans le fait qu'il fallait donner des féminins à la plupart des termes caractérisant les humains, que c'était une logique de notre langue qui sinon aurait inventé un genre neutre. Ce qui n'est pas le cas. D'ailleurs, depuis le temps que les réactionnaires de la langue essaient de transformer le genre masculin en neutre, si le francais avait eu cette tendance-là, cela ferait belle lurette qu'ils auraient emporté le morceau. Mais notre langue fait de la résistance. Et c'est tant mieux.


L'invitée, de Simone de Beauvoir. Oui, Beauvoir a compté pour moi. Ce roman fut le premier de ses ouvrages que je lus. Il a été initiatique d'une certaine manière, car il m'a permis de me rendre compte qu'il existait d'autres façon de vivre que celle que je connaissais dans ma famille. Et puis cette femme, brillante, me fascinait. Je ne sais pas si j'aurais aimé la connaître, la fréquenter, elle ne semblait pas très indulgente, mais j'étais bien dans ses livres. Et puis, je trouvais le prénom d'un de ses héros, Gervais, si beau... Comprenez mon émoi quand, des années plus tard, le Nôm m'appris que son prénom caché était Gervais... J'aurais été le chercher bien loin mon héros...

 


Le Grand Troupeau, de Jean Giono. J'aime Giono. J'ai adoré tous ses livres. J'aime son style, plein de chaleur, d'amour. J'aime ses images, ses constructions. J'aime ce travail sur la langue, qui ne se sent pas. Il ne se la pète pas Giono. Et puis j'aime ses personnages, plein d'humanité malgré tout. J'aime ses titres, si poétique et parfois une peu hermétiques. Il faut lire L'Iris de Suze pour en comprendre le titre et ne pas sauter la petite phrase où tout s'explique... Le plus dur aura été de choisir un ouvrage parmi la vingtaine que je possède. J'ai pris celui-ci, parce qu'il est moins connu que d'autres, parce qu'il raconte terriblement et magnifiquement la grande boucherie que fut la guerre de 14. Il fut sans doute le premier livre qui me permis de comprendre cette horreur autrement que par des chiffres qui ne nous disent rien et des pages d'histoire qui nous laissent froid.

 


Beloved, de Toni Morrison. Prix Pulitzer d'où fut tiré un film qui ne rend pas du tout hommage à ce roman d'une très grande dame de la littérature américaine, prix Nobel de littérature. Je crois que c'est le seul livre - et j'en ai lu - qui a réussi à me faire toucher du doigt ce que pouvait être l'abomination d'être un esclave, y compris lorsqu'on appartenait à un bon maître. On ne peut pas ressentir ce qu'ont vécu ces hommes et ces femmes. On est intellectuellement compréhensif, mais, et c'est la limite de l'intelligence, nous ne pouvons pas ressentir cette humiliation, cette douleur, ce malheur absolu (mais hélas pas unique dans l'histoire de l'humanité) que fut l'esclavage. Ce roman, d'une certaine façon, marque suffisamment nos esprits pour le ressentir de manière infime dans nos chairs. Et ce n'est pas le plus mince de ses exploits. L'histoire est forte et allie une part de fantastique que l'on trouve plus habituellement dans la littérature sud américaine. Et puis il y a une musique qu'on ne trouve que dans ces romans, quelque chose qui tient du jazz, de la soul, de blues... De Toni Morrison, je citerai encore Sula, Jazz, Le chant de Salomon, L'œil le plus bleu (celui-là aussi, quelle violence et quel souffle !).


Le dernier, Dalva, de Jim Harrison. En fait, le livre que je préfère d'Harrison n'est pas Dalva, mais plutôt Nord Mishigan, ou Sorcier. Mais Dalva est le premier (d'une très longue série) de romans ou de nouvelles de ce mec que j'ai aimé et que j'aime encore. Chacun des livres de Jim Harrison est pour moi un pur moment de bonheur. Désenchantement, autodérision, amour de la bonne chair et de la vie, même quand celle-ci se fait vache. Harrison n'est dupe de rien, surtout pas de son pays, de sa culture, de lui-même. Et puis il aime les femmes. J'aurais adoré être aimée par un bonhomme comme ça.

A qui voulez-vous passer le relais et pourquoi ?

Heu je vais réfléchir. Je reposterai pour le dire.Je suis au boulot et je n'ai pas tous mes liens ici...

Repost de 23h53

Alors je choisis
Anitta, parce que j'aime bien ce qu'elle écrit et que je me demande si j'aimerais bien ce qu'elle lit (j'ai pas encore lu les Fante, j'attends d'en avoir fini avec Mr Potter, pass Harry, l'autre, voir plus haut).
Et puis Thomas qui s'en fout, parce que c'est un confrère, qu'il a trouvé triste ma façon de choisir mes livres, du coup, j'aimerais qu'il en dise plus sur sa façon à lui, et puis que j'aime bien son pseudo. On est les rois des pseudo dans la presse (enfin pas moi, mais ça me regarde...).
Eor parce que j'aimerais bien savoir ce que ça lit un marin au long cours quand il a le temps de lire... J'ai cité cinq blogs dans ce billet, cinq blogs dont je vous recommande chaudement la lecture...

Parlons bouquins

lundi 21 mars 2005

Hush. Des chansons, des photos

Eduardo Dacosta, dont j'aime beaucoup les photos et la sensibilité qui y préside, a posté récemment sur son Fotoblog cette comptine.

Hush-a-bye don't you cry,
Go to sleep-y, little baby.
When you wake you shall have
All the pretty little horses.
Blacks and bays, dapple grays,
Coach and six white horses.
Hush-a-bye don't you cry,
Go to sleep-y, little baby.

Il a également posté ceci, qui est une merveille...

A world war
Was announced
Days ago
But they didn`t know
The lazy sunbathers
The lazy sunbathers

The sun burns through
To the planet`s core
And it isn`t enough
They want more

Nothing
Appears
To be
Between the ears of
>The lazy sunbathers
Too jaded
To question stagnation
The sun burns through
To the planet`s core
And it isn`t enough
They want more

Religions fall
Children shelled
... Children shelled? That`s all Please keep the noise
Down low ?
Because you`re waking
The lazy sunbathers ...;
Oh, the lazy sunbathers
The lazy sunbathers

Chanson Morrissey, objet trouvé par un autre maître photographe, l'ami Tinoco dont je vous recommande les images...
Hush. Des chansons, des photos

dimanche 20 mars 2005

Quand une Heidi et une Parisienne font le printemps

Je viens de coucher les filles. Le Nôm n'est pas encore rentré. La maison est toute silencieuse. Et ça fait du bien.

Aujourd'hui, les trois puces sont allées voir la Crad'expo avec Parisian Smile qui assure comme une bête. Son neveu ne sait pas encore la chance qu'il a d'avoir une tata pareille. En attendant qu'il s'en rende compte, je suis bien heureuse que cela profite à mes mominettes.

Pendant que notre Parisienne souriante surmontait son dégoût pour faire visiter à mo trio préféré une narine, un boyau, un estomac, etc, j'étais étendue sur l'herbe, à l'extérieur, en train de papoter avec une autre amie. Quand tout fut fini, nous allâmes boire un pot de concert chez ma copine et nous régaler d'un gâteau délicieux.

Puis rentrage, baignage, cuisinage, couchage, lisage d'histoire et éteignage des feux...

Enfin, de mon ordinateur, j'ai pu me rendre compte que Miss Heidi du bord de mer nous avait envoyé de jolies photos bleues, des peintures et des tissus qui fleuraient bon le printemps et la photo d'une petite fille à couette qui chantait « It's a Wonderful World » de Louis Armstrong.

Alors, là, oui, je le dis. Après une journée pareille, le monde est merveilleux.

Re : post : Mamicha nous propose une délicieuse version du jeu avec un contine et un escargot dans son une curieux jardin. Trop mignon http://curieuxjardin.blogspot.com/

Quand une Heidi et une Parisienne font le printemps

En chanson et photo 6

Là, maintenant, c'est le matin, les cloches de l'église voisine sonnent à la volée, les petites sont surexcitées, le soleil brille. Bref, ça pulse. Mais quand je suis rentrée hier soir, j'ai trouvé chez Angel une douce photo de nuit et la chanson qui l'accompagne. Ça vaut le coup d'œil. Un vrai bonheur de s'endormir sur cette image et cette musique...

Quant à mon dimanche, je le souhaiterais placer sous le signe de la paresse. C'est le choix de ma copine Caro et j'aimerais qu'il soit de bon augure. Mais vu la première heure que je viens de vivre, ça me paraît mal barré...

Quant aux trackback que personne n'arrive à faire, je… [censuré].



Deux pieds

Texte et musique : Thomas Fersen

Extrait de l'album : Pièce montée des grands jours


On me dit que je suis paresseux
Que je ne fais que ce que je veux
C'est à dire, pas grand chose
On dit que je me repose

Je suis désolé
Je n'ai que deux pieds
Je n'ai que deux pieds
Franchement désolé

La vaisselle envahit l'évier
Et le linge déborde du panier
J'ai les ch'veux sales, je suis barbu,
Mais m'en vais mon café bu

Je suis désolé
Je n'ai que deux pieds
Je n'ai que deux pieds
Franchement désolé

Dans la rue il y a des travaux
Et moi j'aime regarder les travaux
On me dit : "du balai,
plus vite que ça s'il vous plaît ;

Je suis désolé
Je n'ai que deux pieds
Je n'ai que deux pieds
Franchement désolé

Elle me dit que je suis en retard
Que je me coiffe avec un pétard
Elle veut déplacer les meubles
J' suis pas là pour déplacer les meubles !

Je suis désolé
Je n'ai que deux pieds
Je n'ai que deux pieds
Franchement désolé

samedi 19 mars 2005

En chanson et en photo 5

Catherine vient de mettre son grain de sel dans notre petit jeux. Mais comme c'est une femme résolument moderne, elle a mis le son. Un très beau moment.

Et puis j'ai reçue une participation cette nuit dans ma boite à mail. Celle de jf, qui m'écrit « oops » Je laisse le texte et l'illustration inséparables, tant pis la prochaine fois je respecterai les règles. » Les règles sont faites pour être contournées bien sûr. Mais j'aimerais quand même connaître l'auteur de cette chanson...

repost : Ecrit par : Luc Plamondon. Musique de : Romano Musumarra

Merci, dans vos participations, de dire que tout le monde peut jouer.

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